Les vers au naturel de Pithou Plong

« Mes vers sont bio, mais je ne peux pas l’afficher, car il n’existe pas de label bio pour les insectes. » Pithou Plong

« À vous d’ajouter du sel ou du curry si vous souhaitez les assaisonner. Mes vers sont 100% nature, simplement torréfies. » À Saint Arnoult (Seine-Maritime), Pithou Plong s’est lancé en 2014 dans l’élevage et la commercialisation de vers de farine. Après s’être formé à leur culture, l’ancien cadre commercial a choisi le « créneau premium » en terme de qualité. Une fois élevés, les vers de l’entreprise Crispiz’ en Caux sont congelés, puis passés au four, et vendus sans additifs, afin de conserver toutes leurs qualités gustatives (goût de cacahuète). « Ils ont beaucoup de succès chez les cavistes, pour l’apéritif. » Côté alimentation, Pithou s’approvisionne localement en son de blé, pommes et carottes bio. « Mes vers sont bio, mais je ne peux pas l’afficher, car il n’existe pas de label bio pour les insectes. »

« À vous d’ajouter du sel ou du curry si vous souhaitez les assaisonner. Mes vers sont 100% nature, simplement torréfies. » À Saint Arnoult (Seine-Maritime), Pithou Plong s’est lancé en 2014 dans l’élevage et la commercialisation de vers de farine.

Élevage toléré

Le cahier des charges bio pour les insectes n’existe pas, et pour cause : l’élevage et la commercialisation d’insectes ne sont pas officiellement reconnus. Ils sont simplement tolérés par les autorités sanitaires, car ils n’ont pas fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché. « Nous sommes soumis aux mêmes contraintes que les médicaments, c’est absurde », souligne l’éleveur, qui n’a évidemment pas les mêmes moyens que l’industrie du médicament pour financer des études et monter un dossier prouvant que la consommation de ses vers de farine est inoffensive – voire bonne pour la santé, car très riche en protéines. En attendant une décision de la réglementation européenne sur le dossier des « nouveaux aliments », Pithou a été contraint de mettre sa production en veille, et ne produit plus que pour « conserver la souche ».

En 2014-2015, les autorités étaient très tolérantes envers les producteurs d’insectes alimentaires ; aujourd’hui, beaucoup moins.Pithou Plong

Fabien Ginisty