Une micro-centrale hydroélectrique au Népal

Photo : Transport de la turbine. © Didier Issen

Deosa est un petit village népalais de la province de Solu Khumbu, situé à l’est de Katmandou et à 50 km de l’Everest. La population, qui vit de l’agriculture sur des petites fermes à flanc de coteaux, n’avait pas accès à l’électricité jusqu’à la mise en œuvre d’un chantier communautaire organisé par l’ONG Électriciens sans frontières.

« Dans un pays montagneux comme le Népal, la distribution de l’électricité est très compliquée. Un programme hydroélectrique de forte puissance a été lancé mais seulement pour les grosses villes », indique Didier Issen, bénévole de cette association, qui fait des séjours réguliers au Népal depuis onze ans pour organiser avec les habitants des chantiers d’électrification. En 2013 et 2014, il a participé à la construction d’une micro-centrale hydroélectrique à Deosa. « Un lycée, quatre écoles, et un centre de soin ont été électrifiés. Comme on avait une forte puissance, les maisons ont pu être également alimentées. »

Huit tonnes de matériel transportées à dos d’homme

Le comité de village de Deosa avait fait connaître ses besoins à Électriciens sans frontières, par l’intermédiaire de l’association népalaise Sherpa children assistance association (SCAA).
« Ça a été notre plus gros chantier », confie Didier Issen. Il a nécessité l’intervention des habitants de Deosa, d’un ingénieur népalais et de quatre bénévoles d’Électriciens sans frontières sur une longue période. Le plus dur a été pour les villageois, qui ont transporté 8 tonnes de matériel à dos d’homme, deux jours durant, et pendant la saison des pluies. « Les hommes sont allés couper des arbres pour fournir des poteaux électriques et ont construit la petite maison qui abrite le générateur et la turbine, après leurs travaux des champs. Les femmes et les enfants cassaient les cailloux. » Sous la direction de l’ingénieur, « les villageois ont construit un canal maçonné pour amener l’eau de la rivière jusqu’à un réservoir ». Celui-ci alimente une chute d’eau de 80 mètres qui fait tourner la turbine. Les bénévoles d’Électriciens sans frontières se sont occupés du câblage des bâtiments. Un villageois a été formé pour gérer l’installation et détecter les petites pannes.

Nicole Gellot