McDO coopératif ?

Ah, le Journal du développement durable de McDonald’s France…

Toutes ces belles pages consacrées à la « stratégie agro-écologique » de l’entreprise et aux « bonnes pratiques » de ses producteurs… Ces graphiques qui démontrent l’excellence de sa « responsabilité sociale et environnementale »… Ces chiffres grisants sur le recyclage des bombes de crème fouettée et la consommation d’eau des toilettes de ses 1 442 fast-food… Chaque année à L’âge de faire, ce rapport nous fait glousser comme de la chair à nuggets ou grogner comme du cochon à bacon – ça dépend de l’humeur et du tempérament de chacun·e.
Mais cette fois, il a une saveur particulière qui nous pousse à le feuilleter plus attentivement. Car nous revenons de Marseille, où les salarié·es du McDo de Saint-Barthélemy, dans le 14e  arrondissement, n’ont pas froid aux yeux : ils veulent reprendre leur restaurant en Scop ! Scop, pour Société coopérative ouvrière de production, un statut (celui adopté par L’âge de faire) dans lequel les travailleurs sont majoritaires en capital et en voix.

Coopérative… voyons, voyons.

Ce mot fait-il seulement partie du vocabulaire de McDo ? Là ! À la page 8 du superbe rapport, un titre nous parle de « mode de gouvernance coopératif ». Le texte nous apprend que « McDonald’s conclut des contrats de location-gérance sur 20 ans avec les franchisés », et que « ceux-ci participent de façon permanente à la décision ». Bof, rien que du blabla de communiquant qui a vu que la coopération était à la mode. Tandis qu’à Saint-Barthélemy…
L’équipe de salarié·es a beau travailler pour une multinationale qui fait du fric en pressant ses travailleurs comme des citrons, elle a décidé d’exercer son pouvoir collectif. De grève en grève, elle a défendu ses droits, amélioré ses rémunérations et ses conditions de travail. Forte de ces acquis, elle s’est ensuite déplacée pour soutenir des collègues d’autres McDo français et les encourager à lutter à leur tour… Pour la direction de McDonald’s France, c’en était trop. Sous prétexte que les travaux d’une nouvelle route font baisser le chiffre d’affaires de Saint-Barthélemy, le siège a mis en vente le bâtiment. D’où le projet de Scop, porté par des salarié·es qui voudraient gérer eux-mêmes leur activité, tout en restant franchisés par le géant des fast-foods.
Peut-être pensez-vous : « Une Scop chez McDo ? On marche sur la tête ! » Pourtant, dans un quartier où le McDo est l’une des rares activités économiques et quasiment le seul lieu de rencontre pour la population, il est intéressant de voir que l’équipe de Saint-Barthélemy a en quelque sorte détourné cette entreprise capitaliste pour en faire un outil au service de son territoire. Comment ? Vous le saurez en lisant le reportage que Nicolas va vous concocter pour le mois prochain. Et si vous avez peur de le rater, n’hésitez pas à vous abonner, car…

Notre campagne d’abonnement continue ! Lancée dans notre dernier numéro, elle a commencé à porter ses fruits : alors que d’habitude, l’été est une période creuse pendant laquelle nos ventes sont en baisse, nous avons gagné très exactement 401 abonnements depuis le mois de juillet. On est encore très loin de l’objectif ambitieux (passer de 8 000 à 15 000 abonnés) que nous nous sommes fixé, mais c’est un bon début ! Pour réussir, nous prévoyons plusieurs actions visant à nous faire connaître d’un public plus large, et nous comptons évidemment sur vous pour parler de L’âge de faire à votre voisine, votre tonton, votre factrice ou votre boulanger préféré.

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Lisa Giachino