L’Uruguay atteint 97 % d’énergies renouvelables

Alors que la part des énergies renouvelables dans le mix mondial représente moins de 14 % de la production, elle s’élève à 55 % en Uruguay. Aujourd’hui, 97 % de l’électricité de ce pays de 3,5 millions d’habitants est d’origine renouvelable. C’est le résultat d’un grand plan lancé en 2005 visant à faire sortir d’ici 2020 le pays de sa dépendance au pétrole – aussi bien pour des questions écologiques qu’économiques.
Pour y parvenir, l’État a pu s’appuyer sur quelques atouts naturels : du vent qui souffle de façon presque constante, un bon ensoleillement et une ressource en biomasse importante, le pays étant très agricole. Le développement des sources d’énergie renouvelable s’est fait en assurant une certaine diversification : éoliennes, panneaux photovoltaïques et centrales biomasse sont venus s’ajouter aux barrages
hydroélectriques existants. C’est donc, tout simplement, en multipliant les moyens de production que la transition est menée, avec succès !
Ramón Méndez, responsable de la politique climatique, pouvait s’en réjouir en 2016 :

Nous n’avons pas importé un seul kilowattheure depuis trois ans. Auparavant, nous devions importer de l’électricité d’Argentine, mais aujourd’hui c’est nous qui en exportons. L’été dernier, nous leur avons vendu un tiers de notre production d’énergie.Ramón Méndez, responsable de la politique climatique.
Le tout, sans la moindre centrale nucléaire, il va sans dire… Pour le WWF, l’Uruguay « définit les tendances mondiales en matière d’investissement dans les énergies renouvelables ».
La transition n’a de plus pas pesé sur le budget des ménages. Au contraire : en développant les renouvelables, les coûts de production d’électricité ont baissé de 30 %. Le prochain chantier, pour poursuivre l’abandon des énergies fossiles, concernera les transports, toujours très dépendants du pétrole. Cela dit, si les véhicules les plus légers sont les plus économes, on ne pourra pas reprocher à l’ex-président José Mujica de ne pas avoir montré l’exemple. Président de la République ou non, celui qui reversait 90 % de son salaire de chef d’État se déplace toujours dans sa fidèle petite coccinelle.