La compta par les nuls

Amies lectrices, amis lecteurs, asseyez-vous confortablement et détendez-vous. Si besoin, parcourez notre rubrique Qi Gong en p. 18. Vous respirez paisiblement ; des ondes positives parcourent votre corps et votre esprit ? Bien. Nous allons parler du bilan financier de L’âge de faire.
Alors voilà : on a une bonne, et une mauvaise nouvelle. On commence par la bonne. Le nombre de nos abonnements remonte. La mauvaise : notre dernier bilan affiche un déficit de 46 000 euros – alors que le précédent était à l’équilibre. Sur un chiffre d’affaires de 248 000 euros, c’est pas rien. On a hésité à vous livrer ces chiffres affolants. Mais on s’est dit que, puisque notre travail dépend de vous et que vous êtes nombreux à vous investir dans la vie du journal, il était important de partager avec vous l’économie de notre entreprise.


Avant de démarrer, quelques repères temporels : notre dernier bilan couvre la période du 1er  octobre 2017 au 30 septembre 2018. C’est l’année N. Nous appelons la période précédente, d’octobre 2016 à septembre 2017, N-1. Et la période actuelle, N+1.


À quoi correspond notre déficit ? D’abord, à un décalage lié à ce qu’on appelle les « abonnements à servir ». Imaginez que vous avez souscrit un abonnement à partir de mai 2018. Vous nous avez payé d’avance onze numéros. Les 4 numéros de mai à septembre, que nous vous avons livrés pendant l’année N, ont été comptabilisés en tant que produits dans notre dernier bilan. Les 7 numéros d’octobre à avril, sont, eux, comptabilisés comme des charges à venir : pour les fabriquer et les livrer, nous devrons payer nos salaires, l’imprimerie, La Poste… Ces « abonnements à servir » figureront comme produits dans notre prochain bilan.


Quand leur nombre reste stable, les abonnements à servir sont neutres : simple système de vases communicants, ils n’influent pas sur le résultat de l’entreprise. En revanche, lorsque le nombre d’abonné·es varie d’une année à l’autre, cela se répercute sur le bilan, avec un décalage dans le temps. Ainsi, en N-1, nous n’avons collecté que 64 000 euros d’abonnements à servir. Sur l’année N, ils ont atteint 91 000 euros. La différence entre les deux (27 000 euros) est comptabilisée comme des charges à venir. C’est donc la hausse de notre nombre d’abonné·es qui explique une bonne partie de notre déficit… ô magie de la comptabilité !
Mais cela n’explique pas tout. Notre stock a diminué de 8 000 euros (nous avons moins de hors-séries dans notre hangar), et nous avons perdu 8 000 euros d’aides publiques à la presse (car notre tirage et notre chiffre d’affaires ont baissé). On ne rentrera pas dans le détail des 13 000 euros de déficit supplémentaires, mais ils reflètent notre fragilité : fabriquer et diffuser le journal nous coûte toujours plus cher que ce que cela nous rapporte.


Autant dire que la hausse de nos tarifs, qui n’avaient pas bougé depuis cinq ans, était nécessaire. Notre prix de vente à l’unité passe de 1,50 à 2 euros, notre abonnement de 20 à 25 euros. Cela devrait notamment nous permettre d’absorber les augmentations de prix de La Poste et du papier.
La progression de notre nombre d’abonné·es, depuis quelques mois, est encourageante : nous en sommes aujourd’hui à 8 800, contre 8 300 le mois dernier. Afin de nous faire connaître par de nouveaux publics, nous avons plusieurs projets en perspective : redynamiser l’association des Ami·es de L’âge de faire et proposer une mission de service civique pour sensibiliser un public jeune ; organiser des « résidences » de L’âge de faire dans différents territoires ; lancer une campagne pour consolider et étendre notre réseau de diffuseurs… Nous avons aussi décidé de communiquer par l’intermédiaire de journaux avec lesquels nous nous sentons une proximité. La publicité pour Politis, page 15, s’inscrit ainsi dans un échange gratuit de visibilité, mais c’est une exception : nous restons un journal sans pub. Merci pour votre implication, qui nous permet de continuer à vivre de nos ventes. C’est pas demain la veille qu’on mettra la clé sous la porte !

Lisa Giachino