Le frigo de désert

Prenez de l’eau et placez-la dans une atmosphère plus ou moins chaude. Le liquide s’évapore et en passant de l’état liquide à l’état gazeux, se refroidit. En effet, l’eau au cours de l’évaporation a perdu une certaine quantité de chaleur, aspirée par l’air. Ce phénomène est bien connu des populations qui vivent dans les pays chauds. Si l’on place une gourde entourée d’un tissu mouillé en plein vent, on obtient assez rapidement de l’eau fraîche. Partant de ce principe, Raowia Lamhar, jeune ingénieure marocaine, à créé avec ses deux associés, le Fresh’it ou Frigo du désert, qu’elle commercialise au sein de sa start-up Go Energyless, implantée à Casablanca et Marrakech.

Refroidir sans électricité
L’objet est d’une grande simplicité : un gros pot en argile ; à l’intérieur un second plus petit ; et entre les deux, une couche de sable humide. En s’évaporant, l’eau permet d’obtenir une température de 6°C dans le pot. Pour la maintenir à ce niveau, il est nécessaire de remouiller le sable une à deux fois par jour, explique Raowia Lamhar, dans Le Monde.fr : « il faut compter un demi-litre d’eau à Rabat ou à Casablanca, 750 ml dans des villes plus chaudes », comme à Ouarzazate, où il fait 24 °C à l’ombre.
Le frigo du désert peut contenir 8 kg de fruits et légumes qui se conserveront pendant une dizaine de jours. Il permet de tenir au frais des médicaments comme l’insuline, indispensable aux diabétiques, mais qui perd toute son efficacité si elle est soumise à de trop fortes températures. Pour fabriquer leur réfrigérateur en argile, les jeunes ingénieurs se sont inspirés de la khabia, une jarre traditionnelle marocaine, qui permet de rafraîchir l’eau.
Go Energyless s’est adressée à des artisans potiers qui produisent deux versions, de même contenance et même performance énergétique : un modèle ouvragé (500 dirhams, environ 45 euros) pour une clientèle urbaine qui achète via la page Facebook de l’entreprise, et un modèle économique (220 dirhams, environ 20 euros), pour les habitants des zones périurbaines et les populations rurales, qui vivent dans la précarité ou n’ont pas accès à l’électricité.

Nicole Gellot