Electrosmog : du brouillard à la bouillabaisse

Les risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques ont bien du mal à faire évoluer la législation. Si bien que ce sont peut-être les problèmes liés aux incompatibilités électromagnétiques qui pourraient forcer la main des autorités. En effet, l’électrosmog, ce « brouillard d’ondes », devient tellement épais que les interférences se multiplient. Parfois, c’est drôle : lorsque l’heureux propriétaire d’une maison connectée veut baisser ses radiateurs et que ce sont ses volets roulants qui se ferment. Parfois, c’est plus romanesque. Ainsi, le Criirem (1) a été appelé au secours par une municipalité afin d’éclaircir un mal bien mystérieux : lorsqu’elles étaient garées sur le parking de la mairie, les voitures tombaient quasi-systématiquement en panne. Étaient-elles la cible d’un sort vaudou ? Le Criirem est plus rationnel : la mairie utilisait un puissant transmetteur de fichiers. Et les émissions de cet appareil interféraient avec les systèmes électroniques des bagnoles qui, du coup, ne fonctionnaient plus ! Il a suffit de modifier l’orientation de l’antenne du transmetteur pour que tout revienne à la normale.

Courses folles

Parfois, encore, c’est formidablement dangereux. Des voitures ont ainsi parcouru des dizaines de kilomètres sans pouvoir s’arrêter, la police étant obligée de les escorter et de leur ouvrir les barrières de péage pour éviter l’accident. La raison : le régulateur de vitesse restait bloqué, vraisemblablement en raison d’interférences électromagnétiques. Si cela fait quelques temps que nous n’avons plus assisté à de telles courses folles, c’est certainement que les constructeurs augmentent « l’immunité » de leur système, c’est à dire leur résistance aux champs extérieurs, de plus en plus puissants et nombreux.
Mais l’immunité a ses limites, comme le montre le cas des transports en commun de la ville de Murcia, en Espagne : que font les passagers d’un bus dès qu’ils ont 5 minutes à tuer et les mains libres ? Les plus érudits lisent L’âge de faire, les autres se scotchent à leurs smartphones. Des dizaines de portables fonctionnent ainsi en même temps dans un espace réduit, clos et en mouvement – ils émettent donc un maximum puisqu’ils sont continuellement à la recherche de nouvelles antennes. Bref, les passagers se trouvent alors non plus dans un brouillard, mais dans une véritable bouillabaisse électromagnétique. À Murcia, Mercedes, le constructeur des bus, a craint que cette bouillabaisse n’éclaboussent les systèmes électroniques disposés sous le capot de ses autocars. Pour éviter l’accident, il a imposé à la municipalité d’interdire l’utilisation des portables à l’intérieur de ses bus, sous peine de lui retirer ses véhicules ! Bref, il aura fallu faire appel à la sécurité routière pour que les cerveaux des passagers de Murcia soient protégés.

NB

1- Centre de Recherche et d’ Information Indépendant sur les Rayonnements Électro Magnétiques non ionisants

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