Une COP peut en cacher une autre

Le Programme des Nations unies pour l’environnement organise régulièrement des Conférence des Parties sur les conventions adoptées à Rio de Janeiro en 1992. Celle sur le climat (COP22) s’est tenue à Marrakech en novembre 2016, sans véritable avancée en ce qui concerne la promesse de réunir 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres. Et la COP13 sur la Convention sur la diversité biologique s’est ouverte du 4 au 17 décembre 2016 à Cancun au Mexique dans un contexte d’érosion de la biodiversité.

Le rapport 2015 du WWF (Planète vivante océans 1) met l’accent sur le déclin des océans qui menace la sécurité alimentaire de l’humanité. Les stocks de poissons et de mammifères marins diminuent. De 1970 à 2012, sur 5 829 populations appartenant à 1234 espèces, la moitié des réserves a été perdue, et même les trois quarts pour certaines espèces (thon, maquereau et bonite). Disparaissent aussi les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers marins qui abritent les espèces animales ou qui épurent les eaux. Et le CO2 accentue l’acidité des océans, aggravant les effets de la surexploitation des ressources. Globalement, la biodiversité terrestre et maritime se dégrade : la moitié des vertébrés ont disparu en 40 ans, peut-être les deux tiers en 2020.

Les mains de la finance…

La COP13 vise à atteindre les objectifs « d’Aichi » décidés à Nagoya en 2010 (COP10) en vue de favoriser l’« intégration » de la protection de la biodiversité dans l’ensemble des politiques concernant tous les secteurs de l’économie : agriculture, forêts, pêche, industrie, tourisme, etc., et aussi dans les politiques transversales comme la lutte contre le réchauffement climatique ou celle contre la pauvreté. Cet objectif est louable et la mobilisation de tous les acteurs de l’économie autour de lui est nécessaire. Mais, si les régulations inter-étatiques ne sont pas assez contraignantes, le risque est que les actions se diluent dans des partenariats privé-public, dédiés à la rentabilisation de nouvelles filières de production, ou bien d’abandonner la protection aux mains de la finance, très prolifique en nouveaux titres financiers censés offrir une compensation aux destructions, compensation explicitement prévue dans la loi française du 8 août 2016 sur la biodiversité (2). Et, à l’inverse des objectifs d’Aichi, se profile l’idée que les « aires marines protégées » seront un « bon investissement pour la santé des océans » (3) au terme d’un calcul coûts/bénéfices où le taux de rentabilité économique de ces aires atteindrait 24 %. Les COP se suivent et se ressemblent.