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Jardins collectifs de Montreuil

En trois ans, treize jardins partagés sont nés dans cette proche banlieue parisienne. La municipalité a recensé les moindres surfaces libres pour les proposer aux habitants.

jardins_familiaux

Et les jardins familiaux ?
A Montreuil, les jardins familiaux, ou jardins ouvriers, font aussi l’objet d’une forte demande. Conçus au départ comme un outil de lutte contre la pauvreté pour les classes défavorisées de la société industrielle, on en compte 102 occupés sur l’ensemble de la ville, sur des surfaces de 100 à 300 m2. La municipalité souhaite réduire progressivement leur taille (50 à 100 m2 par personne) pour qu’un plus grand nombre d’habitants puisse en bénéficier. La mairie a également créé un site d’échange de semences.
www.montreuil.fr/trocjardins

Une barre d’immeuble. Une autre à côté, plus haute. Puis une autre… Et encore une autre. Puis là, entre le goudron et le ciment, une rose trémière… Nous sommes à la cité des Grands Pêchers, à Montreuil, en proche banlieue parisienne. Ici, au pied de leur appartement, cela fait deux ans que les habitants du quartier ont les mains dans la terre. Depuis 2008, la municipalité propose aux associations de transformer les dalles de béton, les friches, les toits, les squares et les pieds d’immeubles en espaces de culture potagère.
« Tenez, j’ai ramené des graines d’Algérie, je vous en donne, on verra si ça pousse ! » Les 45 parcelles de la cité des Grand Pêchers sont devenues un lieu de rencontre, en plein cœur de ce quartier où « beaucoup de personnes sont socialement et économiquement fragiles », explique Safiye Akcamur, chargée de relations sociales à la Régie de quartier de Montreuil.

 

Pour Pierre-Luc Vacher, chargé de mission Environnement et biodiversité pour la ville, « les jardins partagés sont avant tout des espaces de convivialité du bout de la rue, comme une place de village. Et sans souci de productivité ». L’amélioration des relations de voisinage est d’ailleurs l’un de ses arguments auprès des bailleurs. Et même si les baux sont précaires, « le fait de cultiver à un endroit fait que le bailleur hésite à reprendre par la suite le terrain ».

Un professionnel pour répondre aux questions pratiques
Autre objectif : développer la biodiversité en ville et sensibiliser les habitants aux questions environnementales. Les Montreuillois font désormais partie de « l’écosystème citoyen » défendu par l’Agenda 21 que suit la municipalité. « Les jardiniers sont amenés à réfléchir à une pratique respectueuse de l’environnement, ainsi qu’à penser la question de l’alimentation en ville », continue Pierre-Luc Vacher. Ainsi, la ville donne le terrain à l’association qui se charge d’organiser la vie du jardin, sous réserve de respecter une charte dont l’axe principal est la pratique écologique. Pour accompagner cette démarche, la ville a imprimé un guide du jardinage écologique à l’usage des jardiniers, et a embauché un professionnel pour répondre à toutes les questions pratiques. La première étape, selon Pierre-Luc Vacher, est que les jardiniers se sentent comme chez eux sur leurs parcelles : « Les jardins partagés sont un peu fous, la biodiversité s’y exprime et ainsi ils deviennent comme un petit bout de ceux qui les cultivent. Le côté fouillis désordonné, qui peut parfois déranger, devient en fait attachant pour les habitants. Et là, le respect s’installe. »

Un des objectifs du jardin est de créer un espace de partage et d’apprendre à vivre ensembleSafiye Akcamur

« Nous cherchons toujours des terrains »
La dynamique est en plein essor à Montreuil, devenue pionnière en ce domaine pour le département de Seine-Saint-Denis. En trois ans, 13  jardins sont nés ; on en compte 16 aujourd’hui, qui regroupent chacun une quarantaine de personnes. Et le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter : « Nous recherchons toujours des terrains libres et des bailleurs sociaux », explique Pierre-Luc Vacher. En 2012, une étude a été menée et a comptabilisé de manière très précise toutes les surfaces potentiellement utilisables – les « dents creuses ». Quadrillée en six zones, la ville entière a été passée au peigne fin : pas un mètre carré, un passage entre deux routes, une dalle de béton inutilisée ou un bout de gazon, n’a été oublié… Tous ces espaces ainsi répertoriés n’attendent que des habitants du bout de la rue, prêts à se réunir et à se faire jardiniers. Aux Grands Pêchers, les racines prennent un peu partout. « Le but est de voir pousser les parcelles dans toute la cité », se réjouit Safyie Akcamur. « Bientôt, les épinards et les pensées encercleront le quartier ! »

Flore Viénot

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