Guyane : or-pillage d’État

En Guyane, la préfecture et les élus soutiennent sans réserve le projet de la « Montagne d’or », qui deviendrait la plus grande mine de l’histoire de France. En dépit des risques pour la population et pour la précieuse forêt tropicale humide, la fièvre de l’or se poursuit depuis le début du XIXe siècle.

La pluie redouble dans l’ouest guyanais. La route latéritique, rouge vive, ressemble à des veines ouvertes, sûrement celles décrites par Edouardo Galeano,journaliste et écrivain uruguayen, il y a quarante-cinq ans. Nous sommes sur la piste de Paul Isnard, le premier européen à avoir découvert ce massif aurifère vers 1875. Il y construisit un village qui perdure au gré des activités minières. Cette route de légende a été construite en 1982, mais son tracé date de la fièvre de l’or, au début du XXe siècle.

À une patte d’oie, nous bifurquons sur la droite, direction les cascades Voltaire, les plus belles de Guyane, au cœur d’une forêt qui prend son temps pour se régénérer. Nordgold et Colombus gold, sociétés russe et canadienne, ont décidé d’aller tout droit, direction la future plus grande mine de l’histoire de France, nommée de manière peu équivoque : « La Montagne d’or ».

Une montagne de bénéfices, des milliards d’euros promis par les études préliminaires, pour une exploitation de 13 ans. Les recettes sont estimées entre 3,8 milliards et 12 milliards, le cours de l’or étant sujet à une évolution importante sur les marchés.

Peu importent la durée très courte de l’entreprise et le fait que la Guyane ne récupère que 2 % de l’ensemble, les pouvoirs publics ne rêvent que de cette mine tant le chômage, la frêle économie guyanaise et le taux d’accroissement démographique (3,8 %) font craindre à court terme un mur de violences et de désespoir.

La suite et la fin de ce papier à lire dans le prochain numéro de L’âge de faire, à paraître fin avril !