Il n’est de richesses que d’hommes qui coopèrent

Il n'est de richesses que d'hommes... qui coopèrent

Dans les Alpes maritimes, Mouans-Sartoux, 10 300 habitants et presque autant de membres actifs dans des associations, présente une dynamique originale dans la situation française, s’inscrivant dans une évolution soutenable. La petite commune, coincée entre Cannes et Grasse, a su échapper à son destin de cité-dortoir en s’appuyant sur son capital
social. Sous l’impulsion de son maire André Aschieri, elle s’est ainsi appropriée une nouvelle gestion collective de l’eau puis des Pompes funèbres et possède depuis peu un jardin (et un jardinier !) municipal qui fournit les cantines scolaires. Parallèlement, le réseau associatif très développé a permis de développer une offre culturelle hors norme pour une commune de cette taille. Pour dynamiser un territoire, et pour le faire de manière durable, la stratégie ne se limite pas à une politique industrielle créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement. Développer les réseaux, les normes, la confiance, qui vont faciliter la coordination et la coopération constitue ainsi une véritable politique territoriale s’appuyant sur le capital social local.

UNE RICHESSE IMMATÉRIELLE
Avec le capital humain, le capital social constitue la plus grande partie de la richesse des pays, bien plus que le capital produit. Cette richesse immatérielle participe ainsi autant au développement durable qu’au bien-être, et son rôle est particulièrement important dans les problématiques liées au changement climatique. L’étude de l’engagement de résidents de communautés locales, en Inde, dans des actions collectives visant à faire face à la vulnérabilité de leur territoire montre, ainsi, comment le capital social permet d’établir de nouveaux investissements dans les activités de développement et de gérer de manière efficace les glissements de terrain et autres menaces environnementales. Elinor Ostrom, première femme récipiendaire du prix Nobel d’économie en 2009, explique que le capital social, en instaurant la confiance entre individus et en développant des règles institutionnelles bien adaptées aux systèmes écologiques, est d’une importance cruciale pour gérer les ressources environnementales et pour résoudre les dilemmes sociaux, cela d’une façon plus efficace qu’une gestion centralisée.
Face aux crises sociales et écologiques, les propositions des économistes qui s’écartent de la doxa libérale consistent ainsi à développer la collaboration des acteurs locaux afin de rendre les territoires plus riches, d’améliorer leur capacité d’adaptation et d’atténuer leur vulnérabilité.

Anne Musson, des Économistes Atterrés

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